Eric Holstein – D’or et d’émeraude

Ce livre a été reçu comme prix du plus grand lecteur de romans dans le cadre du challenge Winter Time Travel organisé chez Lhisbei. Anudar, avec qui le challenge s’était transformé en une agréable compétition, avait également reçu une copie au titre de prix du plus grand lecteur d’uchronies toutes catégories de textes confondues.
Sur sa suggestion nous avons décidé de lire en parallèle le roman, lecture qui a eu lieu entre ce lundi et ce mercredi, et de livrer en commun et simultanément nos opinions, dont voici la sienne et la mienne :

Auteur :

Éric Holstein

Titre :

D’Or et d’Emeraudes

2011, 352 pages

Cycle :

/

L’histoire en bref :

Début du XXIème siècle, un jeune homme débarque à Bogota, Colombie. Né sur cette terre, il en ignore tout, à commencer par la langue. Adopté dés sa plus tendre enfance par un couple de français qui lui ont tout donné, il n’avait pas prévu de faire ce voyage sur les terres de ses ancêtres. Une dispute avec sa compagne l’a cependant décidé et plongé sur les routes de la découverte.
Sur place il découvre une société fracturée, des inégalités flagrantes, une violence omniprésente dans le passé et le présent de la nation colombienne. Et puis il découvre ses racines. Ses noms d’abord, nom indigène et nom espagnol. Son père biologique aussi, marchand de pierres précieuses et défenseur de la culture et des traditions indiennes. Un nouvel amour également, sous les traits de la splendide Catalina. Mais plus que tout c’est son destin qu’il va rencontrer, un destin profondément ancré dans le passé de cette terre de sang, de larmes et de beauté…

L’avis d’Eumène :

Un roman qui me laisse un sentiment mitigé. A la fois bien construit, intéressant et dépaysant, mais aussi souffrant de quelques maux dont l’un des principaux est sans doute le vocabulaire parfois trop cru et presque formulaïque.
L’auteur, que je remercie ici pour la dédicace qu’il a eu la gentillesse de rédiger (et qui ne doit pas craindre une revente sur EBay 😉 ) nous offre ici une uchronie très bien documentée et dont la mise en œuvre est efficace, avec une construction en trois parties égales qui se répondent les unes aux autres et nous conduisent vers une fin qui se révèle un peu anti-climatique.
Les liens entre les trois parties sont aussi habillement tissés, le codex étant une excellente trouvaille. L’aspect parfois fantastique du récit n’est pas sans rappeler les romans de Kate Mosse (auteur de Labyrinthe et Sépuchre).
Mais malheureusement tout n’est pas si plaisant dans ce roman. Si l’auteur à cherché à utiliser une langue riche et n’as pas hésité à la mâtiner d’expressions parfois plus argotiques, je dois reconnaître que souvent ces efforts m’ont semblés artificiels et les résultats parfois plus vulgaires que dépaysant.
La réutilisation constante des mêmes termes, des mêmes expressions, des mêmes comparaisons, particulièrement dans le domaine sexuel (foutre, con, …) devient vite lassante, et n’apporte au final rien au texte. Il en va de même dans le domaine des odeurs : ce sont toujours les mêmes qui reviennent au détriment de toute autre. L’univers odorant de la jungle est ainsi pratiquement réduit à la seule merde s’échappant des tripes éventrées.
Une découverte intéressante donc, mais pas un coup de cœur pour moi…

Note finale :

8/10

Ils en parlent aussi :
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Scifi universe
ActuSF
Noosfère

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15 réflexions sur “Eric Holstein – D’or et d’émeraude

  1. Ah mince 😦 J’avais lu et chroniqué son premier roman « Petits arrangements avec l’éternité » et il avait d’accord avec moi sur les points que je développpais concernant le côté un peu bancal/redondant et aussi le vocabulaire fatigant. Il m’avait donné RDV pour son prochain roman qui s’avère être celui-ci… et je me demande du coup, si je vais le lire au vu de ta chronique :/

  2. Je n’ai pas lu son premier roman, mais il faut noter que je n’ai pas lu beaucoup de critiques sur ces points de vocabulaire et d’aspect parfois formulaique, donc peut-être est-ce une perception très personnelle. Puis il faut noter que derrière ces défauts de forme (ainsi que le sentiment de fin un peu rapide que peut offrir la troisième partie, comme l’a très bien signalé Anudar) se trouve quand même une plaisante lecture, je ne lui aurais pas donné un 8/10 sans cela, les simples « romans moyens » ayant plutôt tendance à avoir un 7/10 chez moi…

  3. Bah 7 c’est un effort honnête, sans défaut majeur mais sans point vraiment intéressant non plus, c’est remplir son devoir sans briller. 8 en revanche c’est avoir un de ces petits plus qui font que la lecture a été vraiment intéressante. 9 ou même 10 c’est une lecture vraiment passionnante où le contenu et la mise en forme s’associent pour laisser un souvenir marquant de l’oeuvre.
    A l’inverse un 6 c’est quelque chose qui est à la limite de ce qui peut être publié et en-dessous c’est que cela relève plus du gaspillage de papier ou même du véritable torchon : c’est pour cela que l’on ne trouve pour l’heure que peux de 5 et seulement une note en-dessous de la moyenne (un trois en l’occurrence) dans mes billets.

  4. Donc finalement, tu n’utilises pas tous les échelons de ton échelles, elle es mal calibrée… mais une note sur 10 est finalement peut-être plus parlant pour les gens ?

  5. Dans les échelons inférieurs je suis effectivement moins précis, mais j’ai voulu en optant pour l’échelle sur 10 me donner plus de possibilités de nuances qu’avec une échelle sur 5 sans avoir les chichis d’une échelle sur 20… Ceci étant il y a quand même une gradation : un détritus porno bourré de fautes d’orthographes et sans imagination aura un 0 ou un 1 (pour l' »effort »), un simple navet comme « Ides of March » (cf. https://notesdeumene.wordpress.com/2010/01/18/28/ ) aura un 3 ou un 4 selon se degré d’échec, … donc l’échelle est à mon sens utilisée correctement, simplement j’ai la chance de ne pas lire beaucoup de navets complets. (Quoique si je faisais les billets de certaines lectures de bit-lit datant d’il y a quelques temps…)

  6. On est parfois surpris… On pense prendre quelque chose de bien et correspondant à ses goûts, ou on prend un auteur que l’on aime bien, puis on se rend compte de son erreur… J’ai aimé les premiers livres de Werber mais son Papillon des Etoiles m’a convaincu de ne plus lire d’autres ouvrages de lui, et Ides of March, en roman de Valerio Massimo Manfredi, me semblait une valeur sure…

  7. C’est surtout dans le seconde partie qu’on retrouve ce que tu appelles un défaut.
    perso le côté un peu outrancier du vocabulaire et des expressions à contribué à renforcer mon immersion dans la jungle car pour une fois un auteur exprime une part de réalité : parce que les conquistadors harnachés et mal lavés, avec des vêtements imbibés de sang (séché) devaient puer à 15 km dans la jungle et couvrir les effluves des essences tropicales … (j’ai passé une petite heure dans ma voiture cet après midi dont une demi heure dans un bouchon en plein soleil, et bien que j’aie pris une longue douche ce matin et que je possède un très bon déodorant, je peux te garantir qu’après l’escale boulangerie, l’odeur du pain frais juste coupé était belle et bien masquée par une autre moins agréable).
    Mais bon si tu mets 8/10 et de la façon dont tu expliques ta notation alors je suis d’accord 😉 (comment ça on ne me demande pas mon avis :p)

  8. Tous les avis constructifs, solicités ou non, sont les bienvenus tu sais :p Mais même, je ne sais pas si tu as déjà été dans un milieu tropical mais l’odeur de décomposition végétale (et parfois animale…) parviens bien à couvrir les plus fortes odeurs corporelles… Puis ce que je reproche ce n’est pas tant leur présence que leur présence répétée et le manque de diversité : pour moi, tel que les choses sont rédigées là, cela ne m’a pas fait mieux ressentir les choses, au contraire cela m’a semblé plus artificiel comme passages qu’autre chose.
    Mais bon si tu es d’accord avec ma notation :p (je vais créer une page où j’explique mieux mes critères tiens, comme ça les gens saurons mieux évaluer mes billets 🙂

  9. Pour la notation, comment te dire ? Les gens ne lisent pas ! La mienne par exemple, est sur 6 mais et mes échelons sont « décalés » : j’ai plus d’échelons pour nuancer un livre que j’ai bien aimé que pour dire que je n’ai pas aimé. Bilan, même si je marque « Livre ceci ou Livre cela » à côté de ma notation, les gens ne comprennent rien. Parce qu’un « 3 étoiles : Livre sympa peu s’en faut » est par exemple… jamais compris -_- Et ce n’est pas faute d’avoir une page statique appelée « Index par note » …

  10. ah ! les notations 🙂 c’est très casse-tête alors je n’en mets pas (et puis comme je ne mets aucune notion importante ni aucun mot clé en gras ça oblige les visiteurs à lire le billet, au moins en diagonale ou à passer leur chemin)
    Je suis d’accord avec toi Eumène pour la prégnance des odeurs. Mais dans ce que veut faire passer l’auteur le procédé (parce que c’en est un amha) et sa répétition vient renforcer une seule idée : que la troupe de Quesada est piteuse, physiquement, psychologiquement et moralement ; qu’elle est pourrie au propre comme au figuré et que cette pourriture supplante toutes les autres. il faut donc qu’elle pue, cette troupe, qu’elle viole, pille, que les plaies suintent… c’est une vision partielle du « voyage » dans la jungle avec un biais narratif pour ne nous faire adhérer (sans autre choix) à cette vision. (en fait j’écris ça mais c’est pure hypothèse de ma part. peut être que l’auteur n’a pas du tout voulu faire ça…)
    en tout cas ça a marché avec moi (bon je suis une bonne cliente, je me laisse facilement embarquer par les auteurs surtout ceux qui manient bien le verbe et qui appellent un chat un chat sans fausse pudeur)

  11. @Acr0 : bah on va quand même faire le travail pour ceux qui, eux, font l’effort de lire et comprendre la notation : ils existent vu la discussion ci-dessus :p

    @Lhisbei : Je veux bien te suivre dans ton interprétation, mais même ainsi la langue offrait d’autres possibilités qu’une éternelle répétition du même au même : si je prend un mot comme « foutre » et que je google pour des synonymes je trouve bien sur sperme, je trouve semence, je trouve purée, jus, et bien d’autres… De même si je cherche des synonymes à vagin je trouve bien sur le con tant utilisé, mais aussi toute une liste évoquée sur http://www.echolalie.org/wiki/index.php?ListeAbregeeetPortativedeSynonymespourDesignerleMinoudesDames

    Il me semble donc que l’effort aurait pu être fait…

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