Anne Rice – The Wolf Gift

Auteur :

Anne Rice

Titre :

The Wolf Gift

2012, 404 pages

Cycle :

/

L’histoire en bref :

Un riche jeune homme, Reuben « Sunshine boy » Golding, journaliste dilettante mais de talent, sa Porsche, sa compagne Céleste, sa famille soudée composée d’un père poète, d’une mère chirurgienne et d’un frère prêtre. Une vie à laquelle ne manque qu’un lieu, une place où trouver un sens à sa vie. Ce lieu, c’est sans doute cette vieille demeure sur la côte californienne, perdue au milieu d’une forêt de séquoias que lui fait découvrir Marchent, propriétaire des lieux qui cherche à s’en défaire pour rompre avec de mauvais souvenirs.

Seuls au milieux des bois, le visiteur et sa guide finissent par se rapprocher, une rencontre dont ils savent qu’elle sera unique mais qu’elle laissera des traces. Jusqu’à ce que l’horreur ne vienne les frapper dans leur intimité et que Reuben se retrouve à l’hôpital, changé au plus profond de lui même, victime d’une étrange mutation qui touche au coeur même des cellules de son corps.Il découvre aussi que Marchent est morte au cours de la nuit, et qu’elle lui a cédé sa maison, et tout son contenu, y compris son histoire.

Devant faire face à sa transformation, Ruben doit gérer ses rapports avec ses proches tout en se posant des questions sur la nature de la créature qu’il est devenu. Il devra apprendre à s’accepter, avec tout ce que cela peut impliquer…

L’avis d’Eumène :

Les deux derniers livres d’Anne Rice étaient assez mauvais, je vous l’avait déjà écrit. Cela tenait notamment au fait que l’auteur de la Chronique des Vampires s’était cantonnée à des volumes de petite taille : ce fut donc un premier soulagement pour moi que d’ouvrir ce livre de près de 400 pages imprimé sur un papier épais tenu par une couverture blanche sous la jaquette. Puis vinrent les premières pages, et le plaisir de retrouver la splendeur baroque de l’écriture d’Anne Rice. Ses descriptions de la vieille demeure de Nideck Point sont confortables comme un velours épais, nous enveloppant comme un lourd drap de tissus soyeux… Puis vient le contexte dans lequel ce récit va se dérouler : le héros bien sur, mais aussi cette étrange famille Nideck et ses mystères. Le coup de tonnerre de la transformation, réinterprétée ici sensuellement, presque érotiquement, qui rappelle que l’auteur s’était à une époque lancée dans la littérature érotique. Et puis le long processus d’acceptation de soi que va connaître le héros, et sa transformation finale.

J’avais suivi la page facebook de l’auteur tout au long de la rédaction du roman, et il est intéressant de voir comment les contenus qu’elle y avait diffusé ont été transformés, adaptés, intégrés dans le résultat final, même si tous les sujets n’y sont pas abordés et qu’elle veille à donner à son roman un aspect hors du temps, permettant à un lecteur d’imaginer ce récit aussi bien dans les dernières années du vingtième siècle que dans le courant du vingt-et-unième, même si la présence de quelques mots comme « iPhone » viennent parfois dissiper cette impression.

Le récit reprend aussi des éléments de la chronique des vampires, pas tant dans les détails (je n’ai relevé aucun élément permettant de joindre les deux univers) que dans les procédés narratifs ou les activités, les réflexions des personnages. Les scènes de chasse à la fin du récit rappellent ainsi certaines scènes du voleur de corps, l’éthique des loup-garous celle que se donnent Marius et ses proches, le récit de la naissance de l’espèce… Mais l’ensemble reste néanmoins différent de l’univers de Lestat et de ses compagnons et l’on n’est pas en permanence plongé dans le souvenir de cette série.

Il y a toutefois quelques défauts. D’abord certaines parties du récit sont trop courtes, trop condensées, trop vite expédiées. La rencontre avec Margon par exemple. Ensuite le roman « sent un peut trop la guimauve » par moment, surtout lorsqu’il est question de Laura. Contrairement à Lestat, Reuben est bien intégré dans son monde humain avant sa transformation et cela entraîne Anne Rice à des passages à mon sens inutile, surtout que le personnage reste assez plat, manque de relief. Par ailleurs le fait que le loup-garou est, contrairement au vampire, sexualisé, a poussé l’auteur à mettre en scène cet aspect d’une façon qui peut sembler antinomique avec certaines des caractéristiques de base de l’espèce, en particulier son côté impulsif. Notons aussi que la plume n’est pas toujours inspirée, loin de là, et que nombre de passages auraient sans doute du être ré-écris.

Mais de manière générale ce livre est une bonne lecture que je recommande à tous ceux qui veulent lire autre chose que de la « bit-lit » commerciale.

Il me reste juste une question : Les surnoms de Reuben sont-ils un moyen de se moquer des vampires de Twilight ?

Note finale :

8/10

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