Atlantide, la cité imaginaire : Conclusion (11/11)

Ce texte est la dixième partie d’une série consacrée à la place de l’Atlantide dans l’imaginaire collectif. La publication se fait sur base hebdomadaire, cliquez sur les liens ci-contre pour lire les autres chapitres de l’étude : 12345678910

Conclusion

D’un mythe politique rédigé il y a plusieurs millénaires nous sommes passés à des études se voulant scientifiques et à des dizaines de romans reflétant dans l’Atlantide l’image de leur propre époque. L’Atlantide s’est avéré être un mythe particulièrement flexible que toutes les époques ont pu reprendre à leur compte sans le dénaturer, sans lui faire perdre sa force.

Je citerais ici un autre passage de Jules Vernes, reprenant juste après que le capitaine Nemo ait écrit à Aronax le nom de la mystérieuse cité engloutie :

Quel éclair traversa mon esprit ! L’Atlantide, l’ancienne Meropide de Théopompe, l’Atlantide de Platon, ce continent nié par Origène, Porphyre, Jamblique, D’Anville, Malte-Brun, Humboldt, qui mettaient sa disparition au compte des récits légendaires, admis par Posidonius, Pline, Ammien-Marcellin, Tertullien, Engel, Sherer, Tournefort, Buffon, d’Avezac, je l’avais là sous les yeux, portant encore les irrécusables témoignages de sa catastrophe.

Au final cette série d’articles nous aura permis de nous faire une idée de l’image qu’une ville a donné d’elle au cours des siècles sans que nul ne l’aie jamais vue, sans que nul ne puisse jamais la visiter. Les villes lointaines et mystérieuses ont toujours fait rêver, les exemples le prouvant au travers des âges sont nombreux mais la spécificité de l’Atlantide, la caractéristique qui la distingue de Timbouctou ou de Beijing c’est qu’elle n’a jamais existé et sera pour toujours la destination où ne pourront nous envoyer les tour-operators. Car l’Atlantide c’est le dernier bastion de l’imaginaire !

Mais ce bastion est aujourd’hui menacé de disparaitre, oublié des hommes en raison de trop nombreuses compromissions et de la montée de la littérature de Fantasy qui offre mille et un mondes d’évasion qui ne nécessitent plus forcément une culture commune pour être appréciés.

Là où l’Atlantide s’inspirait des grecs, des romains, des égyptiens, des mésopotamiens, de mille et une civilisations, là où un auteur pouvait décrire ses fresques comme minoennes et ses chapiteaux comme ioniques ou corinthiens, la Fantasy offre des univers qui n’ont plus besoin de références. Le lecteur lettré peut y reconnaitre les sources des auteurs, mais le public ne veut plus faire cet effort.

Dans ce contexte l’Atlantide va une nouvelle fois sombrer, et ce sera encore la faute des hommes…

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