Jason Lambright – In the Valley

Lambright In the Valley

Auteur :

Lambright, Jason

Titre :

In the valley

Cycle :

Paul Thompson (vol. 1)

L’histoire en bref :

Un futur indéterminé plus au moins quatre siècles après notre ère, sur Juneau, une planète rugueuse peuplée par des colons d’origine afghane.
Paul Thompson, officier des forces de la fédération, accompagne une unité de l’armée locale chargée de fouiller un village reculé où vivent des rebelles souhaitant l’indépendance de leur planète face à la vielle Terre.
Armés de copies à peine modifiées des vénérables Kalashnikov qui équipaient déjà les ancètres de leurs ancètres, utilisant des explosifs improvisés et menant une guerrilla permanente, ces insurgés pronnent un mode de vie d’un autre temps, d’un autre lieu…
Pire encore, Paul ne peut pas faire appel aux dernières technologies à sa disposition : tout l’objectif de sa mission est de conduire par l’exemple, donc lui aussi doit en rester au niveau low-tech des lieux : pas d’armure de bataille pour lui, il est aussi vulnérable qu’un autre aux balles de l’ennemi.
La bataille sera longue, l’issue incertaine…

L’avis d’Eumène :

L’auteur John Birmingham avait fait la pub de ce roman sur sa mailinglist, l’ouvrage était gratuit, j’en ai profité.
Ce texte écrit par un ancien capitaine de l’US Army ayant longtemps combattu en Afghanistan ne semble presque pas contenir de science-fiction, malgré le fait qu’il se déroule sur une lointaine planète, et ressemble plus à des mémoires de guerre.
Pourtant si l’expérience de Lambright transparait à chaque coin de page, cela n’en reste pas moins une fiction, première partie d’un récit en trois volumes qui prend progressivement des airs de Starship Trooper avec une plus longue phase d’introduction avant la guerre contre les aliens.
Le message politique est aussi nettement moins fort que dans Starship Trooper, pas de lien entre citoyenneté et armée dans ce récit par exemple.
Côté style c’est brut, ce n’est pas de la grande littérature du point de vue de la forme ! Pourtant ce caractère brut contribue à nous faire entrer dans le récit, et l’auteur parvient à garder notre attention jusqu’au bout et à nous pousser à acquérir les deux volumes suivants de la trilogie.
Au final donc une réussite, même si pas non plus le roman du siècle.

Note finale :

07/10

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Daniel Godfrey – New Pompeii

new pompeii

Auteur :

Godfrey, Daniel

Titre :

New Pompeii

Cycle :

/

L’histoire en bref :

Nick Houghton est un jeune chercheur coincé entre des coupes budgétaires et la terrible réputation de son riche père, deux obstacles majeurs à la réalisation de sa thèse de doctorat sur Pompei. NovusPart est une compagnie très controversée dont les recherches pour une source d’énergie illimitée ont mené à une découverte plus fantastique encore, sous la forme du voyage temporel.

Lorsque Nick se voit proposer l’opportunité de travailler sur New Pompeii, le dernier projet de NovusPart, il voit le moyen de laisser derrière lui ses ennuis tout en mettant à profit ses connaissances et en vivant sa passion. Il ne se doute pas encore que ses ennuis ne font en réalité que commencer…

L’avis d’Eumène :

Je sais bien qu’il ne faut pas se fier aux couvertures pour choisir un livre, mais celui-ci m’avait intrigué lors de mon dernier passage à Londres. Je peux tout de suite dire : j’ai bien fait de me l’offrir ! Cela faisait longtemps que je n’avais plus dévoré ainsi en une soirée près de 450 pages de roman, et quel plaisir, même si ce n’est pas forcément ce à quoi la couverture pouvait faire penser.

L’auteur britannique n’est pas un spécialiste de l’antiquité, mais il a su se documenter de façon approfondie et, surtout, éviter les pièges qu’auraient pu causer trop de descriptions. Mieux, un artifice lui permet même de faire accepter au lecteur tout élément infidèle aux vestiges de Pompéi en déclarant d’entrée que New Pompéi est bien une reconstitution peuplée des habitants de la ville antique sauvés quelques instants avant leur mort durant l’éruption de 79.

Godfrey a également su intégrer une intrigue intéressante pour faire progresser l’histoire, même si la fin peut paraître un peu bâclée, en particulier la résolution du fil de Kirsten. Il introduit nombre d’idées qui, si elles ne sont pas forcément des plus innovantes, n’en restent pas moins efficaces et, surtout, trop rarement vues dans les romans mettant en scène la confrontation entre personnes de deux ères éloignées.

En particulier le rapport entre modernes et anciens est bien représenté : difficultés linguistiques, mépris et sous-évaluation des uns et des autres,… tous les points que Lyon Sprague de Camp pointait comme important il y a plus de 50 ans et que peu d’auteurs ont repris reviennent dans ce texte, intégrés à des points divers.

Je pourrais encore continuer longtemps sur ce livre, mais je vais m’arrêter ici avec simplement une très forte invitation à le lire !

Note finale :

9/10

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Paul Hoffman – The Beating of His Wings

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Auteur :

Hoffman, Paul

Titre :

The Beating of His Wings

Cycle :

Thomas Cale (vol. 3)

L’histoire en bref :

Thomas Cale, l’ange de la mort venu sur Terre pour exterminer la race humaine, est gravement malade.
Physiquement affaibli, il a du chercher refuge dans un hopital où sa faiblesse fait de lui la victime des brutes de l’aile psychiatrique sans que pour autant les médecins ne puissent trouver la cause du mal qui le ronge.
Pourtant sa présence est nécessaire dans la capitale, alors que l’armée du pape Bosco menace de lancer une nouvelle offensive susceptible de capturer rapidement l’ensemble des terres encore libres.
Mais même présent à la cour, Thomas devrait encore obtenir les troupes, les ressources et les appuis politiques pour mener sa guerre contre son créateur…

L’avis d’Eumène :

Une série qui se termine de façon relativement décevante, même si elle fait sens. Un livre qui ne révèle rien de neuf, qui se concentre sur un adolescent chétif et souffreteux.
Aucun souffle, aucune énergie, l’impression d’un travail peut-être un peu bâclé par un auteur semblant se servir d’un générateur automatique de noms pour sa géographie et d’événements historiques bien connus pour ses batailles ou ses rebondissements.
L’auteur le confesse d’ailleurs lui-même, certains passages reprennent pratiquement mots pour mots des discours célèbres et si Agincourt avait servi dans un des volumes précédents, on constate ici la présence de Massada.
Bref une fin qui n’enthousiasme pas le lecteur, et qui ne laissera pas un souvenir impérissable.

Note finale :

5/10

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Jack Campbell – Dauntless

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Auteur :

Campbell, Jack

Titre :

Dauntless

Cycle :

The Lost Fleet (vol. 1)

L’histoire en bref :

Il était seul, dérivant dans l’espace depuis des décennies, commandant ayant perdu son vaisseau lors d’un combat sauvage prélude d’une guerre sans merci.
Rescapé par une flotte militaire passant par là, il est devenu un de ses officiers les plus respectés car son nom a été tourné en légende par la propagande.
Lorsque l’Amiral en charge de la flotte doit monter à bord du vaisseau amiral ennemi afin de discuter d’une reddition, il lui laisse le commandement.
Lui se sent un homme brisé pour qui les événements célébrés par la propagande sont un souvenir semblant dater d’hier.
Mais lorsque le haut-commandement est décapité par la trahison de l’ennemi, c’est vers lui que tous se tournent…

L’avis d’Eumène :

(Avis écrit en 2013, depuis j’ai lu tout le cycle principal et l’avis est resté le même)

Du space-opéra militaire tout ce qui a de plus classique, inspiré par un scénario « xénophonesque » et reprenant le thème classique de la flotte perdue devant rentrer chez elle au fil d’un voyage semé d’embûches.
Cependant cela se lit avec plaisir, le style étant agréable et le rythme du récit relativement soutenu.
Un bon moment de détente donc, et une série que je pourrais bien continuer.

 

Note finale :

8/10

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Victor Davis Hanson – The End of Sparta

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Auteur :

Hanson, Victor Davis

Titre :

The End of Sparta : A novel

Cycle :

/

L’histoire en bref :

Sparte domine les cités grecques depuis sa victoire sur Athènes
lors de la grande guerre du Péloponnèse. Mais tous ne supportent pas l’arrogance et la violence des guerriers du sud et une nouvelle tentative de se libérer de leur joug a été lancée en Béotie, sous la conduite du général thébain Epaminondas. Son but ? Rien de moins que d’écraser la plus puissante armée de Grèce et libérer les hilotes, peuplade asservie depuis plusieurs siècles par les Spartiates, afin de priver ces derniers de la main d’oeuvre qui leur permet de se concentrer sur le seul art de la guerre.

Aidé de prophéties et de guerriers aussi adeptes de la philosophie que de l’hoplomachie, le général va lancer un mouvement dont il espère qu’il va transformer la Grèce et lui ouvrir une nouvelle ère de paix et de prospérité où des cités démocratiques pourront vivre en bonne intelligence sans avoir à craindre les armées de leurs voisins.

On connaît le reste l’histoire…

L’avis d’Eumène :

Hanson n’est pas n’importe qui, étant sans doute le plus grand spécialiste de la guerre en Grèce ancienne qui soit à l’heure actuelle. C’est aussi un fermier californien, et un arch-conservateur aux idées racistes des plus déplaisantes.

Lire un roman sous sa plume est donc une gageure, car si l’on sait qu’il sera impeccablement recherché, on peut craindre un texte manquant de souffle romanesque. On sait aussi qu’il risque d’être fort nauséabond sur le plan idéologique, rappelant en cela les romans antiques de Steven Pressfield, et que la plume risque de ne pas être aussi plaisante à lire.

Alors qu’en est-il au final ? Et bien il répond aux attentes et ne nourrit pas trop les craintes du lecteur. Mieux, il est aussi un assez bon roman, les rares dialogues mis à part. Par contre c’est aussi une lecture difficile, dont beaucoup d’éléments doivent échaper à la plupart des lecteurs.

En effet Hanson a réussi à distiller son immense érudition sous une forme exigeante mais qui ne vient pas interrompre la lecture du récit : les extraits en grec ancien (translittéré et traduit) s’insèrent sans problèmes dans le récit, tout comme les informations de contexte sur l’époque, les moeurs ou les acteurs du temps.

Pas “d’infodump” comme c’est trop souvent le cas dans les romans d’académiques écrivant sur leur sujet favori, mais un récit aux multiples rebondissements, sombre même si son message final se veut positif.

Par contre la prose est riche, et les détails disséminés sont parfois fort obscurs, satisfaisant le spécialiste mais pouvant dérouter le néophyte, qui les ignorera sans doute. Enée le tacticien est certes un personnage du roman, mais il est surtout un auteur de l’époque dont nous avons préservé les écrits. Cependant rares sont ceux qui auront entendu parler de lui, même dans les cours de grec… De même le caméo de Platon peut passer inaperçu pour le lecteur moins averti.

Ceci dit au final cela reste une belle lecture, que je ne puis que recommander aux adeptes de romans se déroulant dans l’antiquité.

Note finale :

8/10

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Ted Chiang – Stories of your Life

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Auteur :

Chiang, Ted

Titre :

Stories of your life

Cycle :

/

L’histoire en bref :

Recueil de nouvelles :

Tower of Babylon
Ca y est, l’homme a atteint son rêve : il est sur le point de toucher à la voûte céleste. La tour de Babel, fruit du travail de générations des peuples de l’entre deux fleuves, a atteint le firmament et il est temps pour l’équipe des mineurs chargés de percer le mur qui révélera Dieu d’entamer son grand oeuvre. Mais Dieu peut-il être connu ?

Understand

Quand une drogue vous donne accès à un nouveau niveau de compréhension de la réalité à mille lieues au dessus de l’expérience du commun des mortels, que faites vous ? Serez vous guidés par votre égoïsme ou par altruisme ? Et surtout, comment interagirez vous avec le reste du monde ?

Division by Zero

Comment réagir face à une découverte qui détruit complètement son univers, en chamboule les fondements même, et ce d’une façon scientifiquement incontestable ? Surtout si ce que vous venez de détruire est la base même de l’arithmétique… Et quel impact sur vos proches ?

Story of your life

On dit toujours que s’ouvrir à d’autres cultures permet d’apprendre à mieux se connaître. Et si cette culture est extraterrestre et que vous êtes l’un des premiers humains à entrer en contact avec elle, alors attendez vous à faire de surprenantes découvertes… (A noter que le récent film Arrival est tiré de cette nouvelle)

Seventy Two Letters

Lorsque les théories de l’alchimie rencontrent le nouveau monde de la révolution scientifique, et que les golems viennent aider les humains à accomplir leurs tâches les plus répétitives, la possibilité d’un monde meilleur semble s’ouvrir. Mais en est-il vraiment ainsi ?

The Evolution of Human Science

Au train où progressent les intelligences artificielles il va arriver un point où les humains normaux ne disposant pas de capacités augmentées ne pourront plus suivre les développements de la science. Quel futur alors pour les revues scientifiques classiques, ou pour les chercheurs simplement humains ?

Hell is the Absence of God

Enfer et paradis sont bien réels, et les anges viennent assez régulièrement sur terre pour le prouver. Comment vivre les crises de foi dans un tel monde ?

Liking what you See : A documentary

L’appréciation de la beauté physique est-elle le prochain racisme à éliminer ? Et si la science nous offrait des solutions ? Suivez le débat…

L’avis d’Eumène :

Ted Chiang est un auteur qui ne s’exprime que par nouvelles, et quelles nouvelles ! De la science-fiction ancrée dans notre quotidien qui pose des questions intelligentes sur notre rapport au monde et nos relations interpersonnelles.

Cette compilation d’un peu plus de la moitié de son oeuvre est un concentré d’intelligence qui vous forcera sans doute à sortir de votre zone de confort et vous interpellera à plus d’un titre.

L’auteur joue avec les styles, avec certains textes aux accents parfois plus steampunk, et aborde parfois des thématiques abordées par d’autres, mais toujours avec un point de vue nouveau et souvent rafraîchissant. A titre d’exemple le début de “Understand” rappelle indubitablement “Des Fleurs pour Algernon” de Keyes, mais la deuxième partie de la nouvelle l’en éloigne radicalement.

Bref je suis enthousiaste au sortir de cette lecture et ne puis qu’être d’accord avec ces jurys qui ont attribué 4 Hugo, 4 Nebula et 4 Locus à Chiang alors qu’il n’a publié qu’une quinzaine de textes…

Notez que l’auteur diffuse usuellement ses textes gratuitement sur internet, wikipedia fournissant d’ailleurs les liens : https://en.wikipedia.org/wiki/Ted_Chiang

Note finale :

10/10

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General Sir Richard Shireff – 2017 : War with Russia

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Auteur :

Shireff, General Sir Richard

Titre :

2017 : War with Russia

Cycle :

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L’histoire en bref :

Le président Russe est confronté à de graves problèmes de politique intérieure. Heureusement il lui reste la possibilité de détourner l’attention en lançant de nouvelles aventures à l’étranger. Alors que l’invasion de l’Ukraine n’est toujours pas achevée, il commence à planifier la reconquête d’autres territoires de l’URSS. Une différence majeure toutefois : ceux-ci sont désormais sous la protection de l’OTAN, qui sera forcée de réagir. Mais l’OTAN est-elle encore une puissance militaire capable de protéger ses membres ?

L’avis d’Eumène :

Ce roman écrit par un ancien officier supérieur britannique actif au sein de l’OTAN s’inscrit dans une longue tradition littéraire dites des “future wars”, particulièrement vivace au Royaume-Uni. Le dernier ouvrage du genre à avoir marqué les esprits était le Third World War du général Hackett, publié à la fin des années 70. Comme l’ouvrage de Hackett et ses prédécesseurs il vise en large part à faire prendre conscience au public des conséquences du sous-financement des armées britanniques face aux menaces qu’elles sont appelées à affronter.
Disons le tout de suite, le roman n’est pas un succès littéraire. On peut même dire que sa prose est assez atroce, loin d’avoir la force du roman de Hackett ou de se lire aussi facilement. Les personnages caricaturaux sont le moindre des défauts du texte, et même les scènes d’action militaire sont bien en dessous de ce que l’on peut trouver dans les techno-thrillers actuels.
Il est clair que le lecteur en quête de divertissement préférera un Tom Clancy ou un Mark Greeney… Entre le besoin d’avoir un happy end (qui met bien entendu en valeur le courage du soldat britannique) et la volonté de se concentrer sur l’aspect politique des affaires, le roman souffre d’un scénario fade et déjà vu mille fois.
Sur le fond, le message est sans doute assez juste même si il est desservi par le caractère trop souvent outrancier de la charge et l’on se dit que si les descriptions que fait cet officier des politiciens russes ou britanniques correspondent à son opinion réelle alors il est lui même une caricature de l’officier cinglé.

Bref ce roman n’est pas une réussite et seuls les passionnés du genre se plongeront dans sa lecture

Note finale :

5/10

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Robert A. Heinlein – Time enough for love

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Auteur :

Heinlein, Robert A.

Titre :

Time enough for love

Cycle :

/

L’histoire en bref :

Il est vieux, d’un âge que l’on n’ose tout simplement pas imaginer. Il foule le sol des planètes de l’humanité depuis des siècles, expérimentant tout ce qu’il y a à expérimenter. Il aimerait en finir, mettre fin à ses jours. Mais on ne va pas lui en laisser l’opportunité. Lazarus Long est en effet le doyen des familles Howard, ces familles dont les accidents génétiques et la science ont prolongé l’espérance de vie au-delà des limites communément admises. Progressivement Long va retrouver le goût de la vie et raconter à ses proches quelques uns des points saillants des quelques 2000 ans qu’il a déjà vécu en insistant sur la place de l’amour.

L’avis d’Eumène :

Cette fiche de lecture arrive près d’un an après la découverte de ce roman, et quel roman. Un ouvrage bien déroutant par certains aspects, ce texte de 1973 est bien entendu le fruit de son époque (place de la sexualité par exemple) tout en restant accessible au lecteur moderne. Si les nombreux thèmes abordés ne m’étaient pas forcément chers, il n’en reste pas moins que j’ai apprécié cette lecture d’un classique de la SF, et renforcé mon appréciation croissante pour Heinlein. Beaucoup moins à droite que l’on a pu le dire, l’auteur de Starship Troopers offre ici un exemple de la richesse de sa réflexion, avec cette série d’aventures qui, séparées, auraient donné des nouvelles à l’attrait moyen mais qui offrent ensemble un regard sur la vie, les relations humaines et le temps long qui conduisent le lecteur à réfléchir à sa propre vie. Que demander de plus ?

Note finale :

8/10

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Charles Stross – Halting State

Auteur :

Stross, Charles

Titre :

Halting State

Cycle :

/

L’histoire en bref :

Le crime, en cette fin de la seconde décade du vingt-et-unième siècle, a bien évolué. Heureusement la police aussi et le sergent Sue Smith sais usuellement quoi faire face aux voyous de toutes natures qu’affichent ses lunettes de réalité augmentée. Mais quand on l’appelle pour investiguer sur le cambriolage d’une banque par une armée d’orcs appuyés par un dragon, elle ne peut s’empêcher de se dire que c’est une bien drôle d’affaire qui commence. Qu’est-ce qu’un vol dans un MMORPG peut avoir à faire avec la police écossaise ?

Très vite pourtant elle va se rendre compte que les choses sont bien plus compliquées qu’elle ne le craignait et que des créatures de fantasy ne sont qu’un problème mineur à côté des requins de la finance, des armoires à glace d’Europol et des espions 2.0… Surtout, elle ne s’attendait pas à ce qu’un combat dans les rues d’Edimbourg, capitale de la plus jeune nation européenne, puisse avoir une importance capitale pour le futur de toute l’union. Cependant des alliés inattendus sont aussi prêts à la rejoindre, épée au poing, dans sa quête pour la justice et la vérité !

L’avis d’Eumène :

J’aime beaucoup les romans de Charles Stross en général, en particulier sa série de la Laverie, mais ce roman est un cran au dessus. Cyberpunk, philosophique, hilarant et simplement génial sont les mots qui me viennent à l’esprit pour caractériser ce roman qui se lit d’une traite (cela tombe bien, j’avais beaucoup d’heures de train pour revenir d’un petit week-end en Lorraine). Bien sur mon côté geek est ravi par bien des aspects du récit, mon côté amateur de technothrillers aussi, mais mon amour des bons mots et d’une littérature sachant sortir des canons aussi. Alors il est évident que le niveau d’anglais requis pour le comprendre est plus élevé que la moyenne, en raison notamment de la translittération de l’argot et de la prononciation écossaise. Mais cela participe au charme de l’oeuvre et à l’insertion dans ce monde si proche et si lointain à la fois.

Dans tous les cas une lecture à ne pas manquer !

Note finale :

10/10

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Anne Rice – Prince Lestat

Prince LestatAuteur :

Rice, Anne

Titre :

Prince Lestat

2014, 480 pages

Cycle :

The Vampire Chronicles vol. 11

L’histoire en bref :

Il a dormi plus d’une décennie, son sommeil troublé par une mystérieuse voix. Mais se sont désormais des cris qui le tirent de son sommeil, les cris de douleurs des vampires plus jeunes, qui semblent faire l’objet d’une chasse impitoyable par une créature d’une puissance incommensurable. Alors qu’autour de lui brûle le monde des vampires, Lestat, le vampire rockeur, celui qui a visité les Cieux et les Enfers, qui a quitté son corps pour mieux le retrouver, celui qui a traversé les siècles tout en connaissant une crise existentielle sans fin, Lestat donc fuit ses responsabilités. Ses vieux amis l’implorent de chercher la cause du mal qui décime leur race, des vampires plus anciens encore sortent de leur long sommeil ou de leur long isolement pour se mettre à sa recherche afin qu’il devienne leur leader. En les rencontrant c’est une nouvelle vision de l’origine de leur espèce qui se présente à Lestat, et des choix qui vont s’imposer à lui pour l’éternité…

L’avis d’Eumène :

Plus de 10 ans que l’on attendait le retour des vrais vampires, ceux qui ne scintillent pas au soleil ou qui n’ont pas des relations sexuelles toutes les cinq pages. Lestat, Louis, Marius, Pandora, et tous les autres sont réunis dans ce récit qui introduit également une série de nouveaux personnages, certains entraperçus dans de précédents récits, d’autres surgis du passé de la race. Une mosaïque de points de vue, un récit qui se veut nerveux, passant de personnage en personnage, jouant sur les perspectives. Avec un univers d’une richesse prodigieuse, et une écriture qui a progressé ces dernières années pour retrouver son niveau d’antan, les fans pouvaient s’attendre à un grand roman.

Mais la magie n’opère pas, et c’est, disons le tout de suite, frustré que l’on sors de ce récit. Bien sur le fait que j’aie relu au cours des derniers mois l’intégralité des Chroniques des Vampires (et plusieurs autres romans de l’auteur) afin de préparer une communication scientifique à leur propos fait que j’avais peut-être des attentes disproportionnées, mais ce sont bien les défauts du livre qui me conduisent à porter ce jugement sévère. L’intrigue, si elle commence bien, s’avère très vite prévisible. Cela ne serait pas un tort si l’emballage était du niveau de ce qu’Anne Rice a pu produire de meilleur, cependant ce n’est pas le cas. Trop de personnages traités trop rapidement, trop de vies qui mériteraient un roman à part entière rapidement décrites en quelques pages qui n’offrent pas la sensation confortable d’un vêtement de riche velours qu’offrait si souvent l’écriture d’Anne Rice. Pas non plus de sensations nombreuses et prenantes comme dans son dernier récit de loup-garous, pas de chaleur hors de ces pages. Que n’en apprend-t-on pas plus sur cette résidence de Cappadoce et son mystérieux coven de femmes, ou sur ces voix venues des Alpes.

Tout semble défloré trop rapidement, à l’instar du mystère des origines du Talamasca, ou de l’identité de la Voix. Et trop de place semble prise par des intrigues secondaires, ainsi que par des passages gratuits destinés à une partie du lectorat de l’auteur mais que le récit ne justifie pas, comme ces évocations sexuelles qui prennent la place de la sensualité que l’on pouvait trouver dans les livres plus anciens. Et puis viens la sensation que tout a été écrit trop vite, presque bâclé, avec une foule d’idées qui se succèdent et font le pont entre différents romans de Rice, y compris en dehors des Chroniques telles que les références aux castrati de « Cry to Heaven » ou à la condition des Esprits dont certains rappellent ceux rencontrés dans Violin ou, bien sur, Servant of the Bones.

Peut-être une part de la déception vient-elle du fait que nombre des éléments du livre peuvent être directement reliés à des discussions de l’auteur sur sa page Facebook,  et que le lecteur habitué de ces lieux peut donc avoir l’impression de ne rien lire de neuf. Mais dans tous les cas, et même si le livre n’est pas mauvais, il n’en reste pas moins un sentiment de tristesse lié à un goût de trop peu. Mais ainsi va la vie…

Note finale :

7/10

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