Homme et individus

Homme et individus

Comment fonctionnons-nous, en notre sein propre ? Quel place occupons-nous, individus, dans le monde ? Quelle place devons-nous laisser à notre individualité ?

B. Lenteric, La nuit des enfants rois, 1981

Je crois profondément, sincèrement, définitivement, à la cruauté naturelle de l’être humain.

Je crois que la sympathie, l’amitié, l’affection, l’amour ne sont que des réactions de défense, qui nous font désespérément rechercher un soutien, une protection contre nous-mêmes et contre les autres.

Je suis un individu au final assez cynique, et cette description des relations humaines me semble terriblement vraie. Et au moins on est sur, en suivant cette voie, en la faisant intimement sienne, de limiter la douleur et la souffrance lorsque la relation s’effrite ou se rompt.

B. Lenteric, interview

Dans l’univers immense peuplé de millions d’inconnus, aucun signe, aucun appel, aucun véritable échange ne semble s’accomplir.

Pourtant, ils me parlent, eux, les hors-normes, les « too much », les damnés de la terre qui portent sur le front, tel un fardeau, l’étoile maudite du génie.

Dans le désert de notre condition humaine, se forment ainsi des communautés secrètes, dont les membres se reconnaissent sans s’être jamais vus.

Portant moi-même l’étoile, je trouve cette citation d’une grande beauté mais aussi porteuse d’une forme d’espoir qui permet de continuer à avancer. Elle donne aussi un objectif, qui est de contribuer, un tant soit peu, à faciliter le chemin des autres maudits que l’on peut croiser le long du chemin.

Robert A. Heinlein, Time enough for Love

Un être humain devrait savoir changer une couche-culotte, planifier une invasion, égorger un cochon, manœuvrer un navire, concevoir un bâtiment, écrire un sonnet, faire un bilan comptable, monter un mur, réduire une fracture, soutenir un mourant, prendre des ordres, donner des ordres, coopérer, agir seul, résoudre des équations, analyser un nouveau problème, répandre de l’engrais, programmer un ordinateur, cuisiner un bon repas, se battre efficacement, et mourir bravement. La spécialisation, c’est bon pour les insectes.

Stephen Greenblatt, Quatrocento

Les hommes peuvent vivre heureux, non pas en se croyant le centre de l’Univers, en craignant les dieux ou en se sacrifiant pour des valeurs qui prétendent transcender leur existence mortelle. Le désir inextinguible et la peur de la mort sont les principaux obstacles au bonheur humain, mais ces obstacles peuvent être surmontés par l’exercice de la raison.

Catule, poème XXXI Ad Sirmione

Quel bonheur, lorsque, libre de soins, notre âme dépose le fardeaux de l’ambition ; lorsque, fatigués de nos lointains voyages, nous rentrons au sein de nos foyers domestiques, et que nous trouvons enfin le repos sur ce lit si longtemps regretté ! Il suffit à mes voeux, ce bonheur, unique fruit de tant de travaux.

Epicure, Lettre à Ménécée

Quand nous disons que le plaisir est notre but, nous n’entendons pas par là les plaisirs des débauchés ni ceux qui se rattachent à la jouissance matérielle, ainsi que le disent ceux qui ignorent notre doctrine, ou qui sont en désaccord avec elle, ou qui l’interprètent dans un mauvais sens. Le plaisir que nous avons en vue est caractérisé par l’absence de souffrance corporelle et de troubles de l’âme.

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Une réflexion sur “Homme et individus

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