Victor Davis Hanson – The End of Sparta

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Auteur :

Hanson, Victor Davis

Titre :

The End of Sparta : A novel

Cycle :

/

L’histoire en bref :

Sparte domine les cités grecques depuis sa victoire sur Athènes
lors de la grande guerre du Péloponnèse. Mais tous ne supportent pas l’arrogance et la violence des guerriers du sud et une nouvelle tentative de se libérer de leur joug a été lancée en Béotie, sous la conduite du général thébain Epaminondas. Son but ? Rien de moins que d’écraser la plus puissante armée de Grèce et libérer les hilotes, peuplade asservie depuis plusieurs siècles par les Spartiates, afin de priver ces derniers de la main d’oeuvre qui leur permet de se concentrer sur le seul art de la guerre.

Aidé de prophéties et de guerriers aussi adeptes de la philosophie que de l’hoplomachie, le général va lancer un mouvement dont il espère qu’il va transformer la Grèce et lui ouvrir une nouvelle ère de paix et de prospérité où des cités démocratiques pourront vivre en bonne intelligence sans avoir à craindre les armées de leurs voisins.

On connaît le reste l’histoire…

L’avis d’Eumène :

Hanson n’est pas n’importe qui, étant sans doute le plus grand spécialiste de la guerre en Grèce ancienne qui soit à l’heure actuelle. C’est aussi un fermier californien, et un arch-conservateur aux idées racistes des plus déplaisantes.

Lire un roman sous sa plume est donc une gageure, car si l’on sait qu’il sera impeccablement recherché, on peut craindre un texte manquant de souffle romanesque. On sait aussi qu’il risque d’être fort nauséabond sur le plan idéologique, rappelant en cela les romans antiques de Steven Pressfield, et que la plume risque de ne pas être aussi plaisante à lire.

Alors qu’en est-il au final ? Et bien il répond aux attentes et ne nourrit pas trop les craintes du lecteur. Mieux, il est aussi un assez bon roman, les rares dialogues mis à part. Par contre c’est aussi une lecture difficile, dont beaucoup d’éléments doivent échaper à la plupart des lecteurs.

En effet Hanson a réussi à distiller son immense érudition sous une forme exigeante mais qui ne vient pas interrompre la lecture du récit : les extraits en grec ancien (translittéré et traduit) s’insèrent sans problèmes dans le récit, tout comme les informations de contexte sur l’époque, les moeurs ou les acteurs du temps.

Pas “d’infodump” comme c’est trop souvent le cas dans les romans d’académiques écrivant sur leur sujet favori, mais un récit aux multiples rebondissements, sombre même si son message final se veut positif.

Par contre la prose est riche, et les détails disséminés sont parfois fort obscurs, satisfaisant le spécialiste mais pouvant dérouter le néophyte, qui les ignorera sans doute. Enée le tacticien est certes un personnage du roman, mais il est surtout un auteur de l’époque dont nous avons préservé les écrits. Cependant rares sont ceux qui auront entendu parler de lui, même dans les cours de grec… De même le caméo de Platon peut passer inaperçu pour le lecteur moins averti.

Ceci dit au final cela reste une belle lecture, que je ne puis que recommander aux adeptes de romans se déroulant dans l’antiquité.

Note finale :

8/10

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Gore Vidal – Julian

JulianAuteur :

Gore Vidal

Titre :
Julian

1964, 532 pages

Cycle :
/

L’histoire en bref :
Deux vieillards, les philosophes Priscus et Libanios, se souviennent de temps meilleurs, alors que leur monde s’effondre et qu’une nouvelle religion finit de s’installer sur les ruines de l’Antiquité classique. Ces deux hommes savent pourtant que tout aurait pu être différent si un homme avait vécu. Un homme dont ils décident de se remémorer la vie, un homme dont ils décident d’honorer la mémoire. C’est homme c’est Julien, empereur de Rome, celui que les tenants de la nouvelle fois appellent « l’apostat » parce qu’il a rejeté leurs croyances pour en revenir à celles de ses ancêtres.

Nous sommes quelques années après la mort de Constantin, et Constance II est sur le trône. Le père de Julien a été assassiné sur son ordre ou celui de ses frères, parce qu’il était le demi-frère de Constantin, Julien et son frère Gallus n’ayant survécu qu’en raison de leur jeune âge. Éduqué par un évêque, il a tout appris des croyances des chrétiens. Mais il a aussi, par d’autres moyens, appris la philosophie, rencontré des défenseurs de l’ancienne foi, et il a décidé de se convertir.

Cet alors qu’il étudie la philosophie à Athènes que la nouvelle tombe : il est convoqué à la cour impériale de Milan. Là, il apprend ce que sera son destin : bras droit de l’Empereur responsable de la défense de la Gaule. A la tête d’une armée, lui le philosophe qui sait à peine tenir une épée, il va devoir affronter les barbares venus de Germanie qui ravagent tout sur leur passage. Relevant le défi, il pointera son épée vers le firmament et deviendra Empereur.

Mais cela ne va pas plaire à tout le monde, et nos deux narrateurs se remémorent ensuite les ennemis qu’il s’est fait, les complots, les trahisons, les obstacles mis à Julien durant la grande offensive de Perse, et finalement la fin des veilles croyances comme religion d’Etat. Leur voix s’éteint alors, comme s’est éteinte la voix des fidèles dans les vieux temples, comme s’est éteinte la voix de la civilisation antique à l’arrivée des barbares…

L’avis d’Eumène
Je savais qu’il s’agissait là d’un chef d’oeuvre de la littérature, même s’il n’est pas souvent évoqué. Une perle cachée, un pendant américain aux Mémoires d’Hadrien de Yourcenar, et une ode à un individu autrement plus fascinant que l’amant d’Antinoos. Lui même en disait lors d’une interview au Monde  :

Dans quelle mesure le roman de Marguerite Yourcenar, Mémoires d’Hadrien, a-t-il influencé votre Julien ?

Pas le moins du monde ! Yourcenar fait toutes les erreurs possibles pour un roman historique. D’abord, elle transforme Hadrien en Mme Yourcenar. Or il n’est pas Mme Yourcenar. Et, de surcroît, il n’est absolument pas comme elle le décrit. On voit bien qu’il y a des choses qu’elle ne peut ni entendre ni supporter. Ce jour, par exemple, où Hadrien, furieux, jette sa tablette à la tête de son secrétaire et lui crève un oeil. Une dame, et de l’Académie qui plus est, ne ferait jamais une chose pareille. Donc l’épisode disparaît ! Ensuite, il y a le passage où elle fait réfléchir Hadrien sur l’Angleterre, et lui fait dire : « Je soupçonne que cette petite île deviendra un jour le centre d’un très grand Empire. » Hadrien n’a pas pu pensercela. Hadrien a pensé aux poissons de la Manche, aux mines d’étain du nord de l’Angleterre – il n’a pas pensé une seconde à l’Empire britannique ! Tout cela est ridicule. Elle a tout surdécoré avec de la pensée moderne.

Mais le découvrir fut une vraie révélation, car sa plume est tout simplement belle et riche. Là ou il aurait pu surjouer certains aspects, là où il aurait pu virer dans le pathétique, là où il aurait pu chercher à créer un héros, un surhomme, il n’a en réalité donné vie qu’à un homme qui fit des choses, petites ou grandes, dont on a conservé la trace comme seuls ceux qui ont fait de grandes recherches peuvent le faire.

Gore Vidal a par ailleurs emballé le tout d’un ensemble fait d’humour, de mélancolie et de ce je-ne-sais-quoi qui attire dans la conversation de deux petits vieux. Si Libanios et Priscus donnent dans la comédie, le récit dans son ensemble est toutefois plus proche de la tragédie. Tragédie de l’homme, tragédie de l’humanité. Critique du monothéisme, critique de la fermeture d’esprit, critique du charlatanisme et du parasitisme aussi. Tout cela est dans ce roman, et plus encore. Un de ces livres dont on dit, à juste titre, qu’ils doivent être lus.

En bref, une recommandation pour tous !

Note finale :

10/10

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Chop Suey 59

Sous les galets la page

Robert Fabbri – False God of Rome

False God of RomeAuteur :

Robert Fabbri

Titre :
False God of Rome

2013, 414 pages

Cycle :
Vespasian (vol. 3)

L’histoire en bref :
Vespasien, fils cadet d’une famille qui s’est hissée au sommet de l’échelle sociale romaine, doit survivre dans un empire hostile troublé par la folie de ses dirigeants. Heureusement la vieille Antonia, fille de Marc-Antoine et gardienne de la dynastie Julio-Claudienne, le soutient et l’appuie de toutes ses forces, trouvant en lui un jeune homme plus digne de sa confiance que son petit fils Caligula ou même son propre fils Claude… Alors que Tibère continue à se délasser dans ses jeux pervers sur l’île de Capri, Vespasien est nommé questeur et se voit assigner la province de Crète-Cyrénaïque, dont le gouverneur lui confie la partie africaine. Dans une région dont l’économie s’effondre alors que disparaît une plante aux propriétés médicinales, où les tensions religieuses sont vives entre juifs de diverses sectes et population hellénisée, il doit faire face à son ennui…

Mais bientôt un appel au secours lui parviens et le pousse à s’engager au coeur du désert séparant la Lybie de l’Egypte, une mission dont il héritera un nouvel ennemi, une grande attraction pour la mystérieuse Flavia et, surtout, un coffre plein d’ennuis… Revenant à Rome, il va devoir naviguer entre les ambitions de chacun jusqu’à l’arrivée d’une nouvelle attendue depuis longtemps mais néanmoins chargée de menace : Tibère est mort et le jeune Caligula a prit le pouvoir. Ami du nouvel empereur, Vespasien va le voir plonger dans une débauche toujours plus grande avant d’être envoyé en mission dans une ville chargée d’histoire et de tensions bien modernes : Alexandrie. Entre juifs orthodoxes, juifs de la nouvelle secte du nazaréen, population grecque et romains, la violence est toujours prête à exploser et ce n’est pas l’ordre de voler la cuirasse d’Alexandre le Grand qui va y ramener le calme…

L’avis d’Eumène
Un bon roman historique, même si l’on ressent la présence derrière ces pages de la prose scabreuse de Suétone… Scandales et ragots romains sont remis au goût du jour sous la plume de Fabbri pour donner corps à la folie de Caligula, ce qui en fait une lecture que l’on ne donnera pas aux plus jeunes lecteurs… Cela étant ces débauches ne forment heureusement pas le coeur du récit et le roman évite donc le piège raccolleur dans lequel était tombé la saison deux de la série télévisée Rome…

On attend de voir où l’auteur nous emmènera dans la suite de son récit, car il n’est pas à douter que Fabbri nous a embarqué dans une série d’une dizaine de récits, n’étant au terme de ce récit qu’en 38 de notre ère (il mourra en 79)…

Une remarque finale tout de même : sincèrement cette couverture ne conviens pas, pourquoi reprendre les fortifications d’Alesia et une unité légionnaire sur le terrain alors que le récit ne contient pas de passage pouvant convenir ? Il eut mieux valu la conserver pour le prochain volume censé se dérouler en Germanie !

Note finale :

08/10

Robert Fabbri – Rome’s Executioner

Auteur :

Robert Fabbri

Titre :
Rome’s Executioner

2012, 384 pages

Cycle :
Vespasian (vol. 2)

L’histoire en bref :
L’an 30 de notre ère. A Rome une ambiance tendue règne alors que Tibère vit en reclus sur son île de Capri et que Séjan, commandant de la garde prétorienne et véritable maître de Rome fait régner la terreur sur les élites de l’Empire, avide de vengeance envers tous ceux qui, un jour, ont manqué de respect envers sa personne ou sa famille.
Le jeune Vespasien, lui, est en Thrace, une terre sauvage aux confins de l’Empire, une terre sous la menace des peuplades Gètes où les légions sont sous pression mais où lui doit assurer des tâches de garnison auprès de la reine d’une tribu locale alliée de Rome.
Lorsque Sabinus, le frère de Vespasien, arrive avec des instructions secrètes pour le jeune tribun, ce dernier comprend avec un mélange de joie et d’inquiétude qu’il va replonger au coeur d’intrigues qui le dépassent très largement et le conduiront jusqu’au coeur du pouvoir…

L’avis d’Eumène
On retrouve ici le héros quelque années après l’avoir quitté, à un moment où il achève son premier poste officiel au service de l’Empire. On reconnait tout au long du récit un certain soin du détail, une étude approfondie des sources mais aussi quelques erreurs de nature à faire sourire le spécialiste.
Il est toujours plaisant de retrouver des sites archéologiques visités et de les découvrir reconstruits par la plume des auteurs, même lorsque ces derniers peuvent avoir commis quelques erreurs d’interprétation des vestiges…
Pour le reste on peut dire que le récit est assez classique mais présente quelques belles réussites, à l’instar de cette évocation de la cour cauchemardesque du second empereur de Rome.
Bref une chouette lecture mais il ne faut tout de même pas y voir un chef d’oeuvre impérissable de la littérature contemporaine, simplement un bon exemple de ce qui se fait de mieux dans le domaine des romans historiques romains.

Note finale :

08/10

 

Richard Blake – The Ghosts of Athens

Auteur :

Richard Blake

Titre :

The Ghosts of Athens

2012, 438 pages

Cycle :

Aelric (vol. 5)

L’histoire en bref :

Le vieil Aelric a une fois de plus été tiré de sa retraite par les puissants. Ce détenteurs de tous les secrets de la Méditerranée de cette fin de septième siècle doit une nouvelle fois plonger dans ses souvenirs pour échapper à une menace issue des profondeurs des esprits les plus noirs de la papauté. Au coeur de ces réminiscence, une singulière rencontre ecclésiastique entre les églises d’Orient et d’Occident, rencontre organisée à Athènes par l’Empereur de Constantinople lui même. Un plan de son souverain d’alors pour discréditer son serviteur alors même qu’une armée barbare est aux portes d’une ville qui n’est plus que l’ombre d’elle même et où rodent les ombres inquiétantes de la magie noire et des dieux du passé…

L’avis d’Eumène :

Aelric,  voilà déjà la cinquième fois que je le retrouve. Après les complots de Rome, les intrigues de Constantinople, les mystères de l’Egypte et ceux de la Syrie, le voici qui nous ramène dans une autre cité de légende, mais une cité qui à son époque est plus une légende en elle même qu’un centre de civilisation… Un roman qui n’est pas sans certaines longueurs, un roman dont certains passages auraient gagnés à être édités, mais un roman aux nombreux rebondissements et où la gouaille du narrateur sait faire pardonner les erreurs de l’auteur… Une suite dans une série qui avait connu un coup de mou dans son troisième volume mais qui a su se reprendre et me faire passer un excellent moment de lecture dans un cadre où peu d’auteurs osent s’aventurer.

Note finale :

8/10

Harry Sidebottom – The Wolves of the North

Auteur :

Harry Sidebottom

Titre :
The Wolves of the North
2012, 410 pages

Cycle :
Warrior of Rome (vol. 5)

L’histoire en bref :
Marcus Clodius Ballista, général disgracié de Rome, est envoyé en mission diplomatique auprès des tribus nomades des steppes situées au nord de la mer Noire. Mais Ballista est aussi Dernhelm fils de Isangrim, chef de guerre des Angles, un peuple qui a justement défait les tribus vers lesquelles se rend Ballista. En chemin il rencontre en outre d’autres tribus hostiles et doit faire face à de mystérieux meurtres qui semblent ne toucher que les membres de son entourage. Durant ce long voyage dans une terre aussi hostile que belle, Ballista et ses compagnons vont devoir faire face à une réalité différente de tout ce qu’ils ont pu vivre jusque là qui les mettra tant face à leur passé qu’au danger…

L’avis d’Eumène :
Olivier, un de nos lecteurs, signalait dans un commentaire récent sa déception suite à la lecture de ce roman. Et il est vrai qu’il se traîne, aussi lent que le convoi de chars à boeufs qui traverse la vaste steppe… Et il est vrai que son intrigue est loin d’avoir l’intensité de celle des premiers volumes, que parfois l’ensemble semble se perdre dans les vapeur de cannabis si abondamment fumée par les nomades. L’auteur reconnait aussi que, face à l’absence de sources, il n’a pas hésité à s’inspirer de récits issus d’autres périodes historiques, d’autres conflits dans des parties du monde très différentes.

Cependant j’avoue n’y avoir pas trouvé matière à trop de reproches. Un cercle de chars pour se protéger ? Une réaction naturelle, et qui ne surprend pas celui qui a lu les descriptions des migrations germaniques décrites par les auteurs latins. Ainsi César, décrivant la grande bataille durant laquelle il stoppa la progression des Helvètes, écrit :

…les uns se retirent à nouveau sur le même mont, les autres se regroupent près de leurs chariots et bagages. Pendant toute la durée de la bataille, de la septième heure du jour au coucher du soleil, pas un seul combatant n’a tourné le dos. Tard dans la nuit la lutte se poursuit. Du haut des chariots formés en barricade, les Helvètes criblent de leurs flèches les Romains qui tentent d’approcher; et même par-dessous les chariots, entre les roues, ils parviennent à blesser des hommes à coups de javelines. Encore un moment et leur camp tombait entre nos mains avec leurs bagages. …

La lenteur du récit ? Le meilleur moyen d’évoquer l’immensité de la steppe. Les tribus présentées comme dans un rapport ethnographique ? Cela forme un des thèmes essentiels du roman, l’altérité, et cela met bien en lumière la pensée antique, basée sur des stéréotypes tirés des ouvrages d’Hérodote ou d’autres grands auteurs. Finalement le principal reproche que je pourrais faire est la lourdeur des passages reflétant les observations de l’un des protagonistes, et l’inutilité manifeste des meurtres, même si l’on peut envisager que ces évènements pourraient conduire à une scène d’affrontement dans un prochain volume.

Au final une lecture honnête, sans grands éclats, d’une série qui cherche avant tout à nous sortir des expériences classiques tout en respectant autant que faire se peut le mode de pensée de ses personnages.

Note finale :

08/10

 

Martial Caroff – Les profanateurs

Auteur :

Martial Caroff

Titre :

Les profanateurs

2011, 223 pages

Cycle :

Les enquêtes d’Antisthène (vol. 2)

L’histoire en bref :

Quand on invite Antisthène on doit savoir qu’il ne répondra pas tout de suite à l’invitation. Le philosophe inventeur de l’approche cynique aime trop apparaître comme un original. Mais On est tout de même censé attendre son arrivée ! Or Eupolis, l’auteur de comédies à succès, n’a pas eu cette décence. Pire encore : il a disparu. Mais peu de gens dans la ville en ont conscience car Athènes est troublée en cette année 415 av. J.C. par deux évènements majeurs : la préparation de l’invasion de la Sicile, sous le commandement du flamboyant Alcibiade, et le sacrilège qui a vu la mutilation des statues du dieu Hermès… Antisthène va donc se mettre sur la trace des profanateurs afin d’éviter que sa cité ne sombre dans la guerre civile, et ce alors même qu’il n’est pas forcément le meilleur des citoyens…

L’avis d’Eumène :

La lecture du premier roman antique de Martial Caroff m’avait laissé un sentiment fort mitigé, mais j’ai décidé de retenter l’aventure avec ce second roman antique visant essentiellement la jeunesse et portant sur une période que je connais particulièrement bien et sur laquelle je viens de rafraîchir mes connaissances en lisant la biographie d’Alcibiade de Jacqueline de Romilly. Et je dois dire qu’au final j’ai retrouvé moins d’éléments erronés ou incohérents dans ce récit que dans le précédent . Certes on note des compressions temporelles et divers autres éléments qui font lever le sourcil de l’historien, mais c’est bien moins flagrant que précédemment.

L’enquête en elle même n’est qu’un prétexte, et la manière dont elle est clôturée le montre bien. L’auteur a voulu nous présenter Socrate, Platon, Alcibiade (quoique ce dernier toujours en retrait) et d’autres personnages de l’époque d’une façon ludique tout en nous donnant un aperçu du fonctionnement de cette étonnante exception historique qu’était l’Athènes démocratique de l’Antiquité.

En conclusion une lecture honnête, avec moins de défauts que ce que l’on a pu trouver précédemment sous la plume de l’auteur, mais rien nous plus de transcendant.

Note finale :

7/10

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Anthony Riches – The Leopard Sword

Auteur :

Anthony Riches

Titre :

The Leopard Sword

2012, 400 pages

Cycle :

Empire (Vol. 4)

L’histoire en bref :

Marcus Valerius Aquila , centurion de Rome et fugitif cherchant à échapper au règne de l’arbitraire Commode, a quitté le mur d’Hadrien, dont la région est désormais pacifiée. Son unité a en effet été transférée en Germanie Inférieure, à Tungres pour être précis, où sévissent des bandes de malandrains suffisament puissants que pour devenir de vraies menaces pour le ravitaillement des armées du Rhin.

Mais vaincre cet ennemi sera difficile pour les vétérans du mur car les conditions sont très différentes et la forêt sacrée des Ardennes veille à garder ses secrets… Entre trahisons, luttes d’influences entre officiels et conflit opposant légionaires et auxiliaires, la situation est difficile pour Aquila et ses amis, surtout quand le passé de certains ressurgit et vient encore compliquer la donne…

L’avis d’Eumène :

On retrouve ici pour la quatrième fois Aquila et la seconde cohorte des Tongres, ici dépaysés par leur arrivée sur une terre bien différente de l’Ecosse à laquelle ils se sont habitués, face à une menace bien différente également. Cependant le scénario peut-être trop complexe et le manque de place dédié à l’évolution des personnages font que ce roman m’a procuré moins de plaisir que d’autres, trop de place étant laissé à l’action. On notera toutefois l’intéressant passage du Mithraeum.

Au final une petite déception, on sent le volume de transition dans une série qui veut couvrir les évènements de plusieurs décennie, et l’on peut espérer que les choses redeviendront meilleures ultérieurement.

Note finale :

7/10

Richard Blake – The Sword of Damascus

Auteur :

Richard Blake

Titre :

The Sword of Damascus

2011, 424 pages

Cycle :

Aelric (vol. 4)

L’histoire en bref :

Aelric, ancien moine, ancien conseiller des empereurs byzantins, ancien général, vieillard de plus de 90 ans qui passe cette année 686 de notre ère à écrire ses mémoires dans le monastère britannique de Jarrow. Enfin, quand il ne converse pas avec son apprentis, le jeune Bede, ou lorsque des barbares n’assiègent pas le monastère… Et justement ces barbares semblent avoir un objectif inhabituel : moins que le pillage c’est le vieillard qui les intéresse !

Emmené de force en Afrique puis en Syrie, Aelric se retrouve face à son passé. Menacé de toute part, victime de tentatives d’attentat de la part de l’Empire et d’autres de la part de factions de la cour sarrasine, il est gardé dans une prison dorée où son fils adoptif lui enjoint de mettre au point le moyen pour les musulmans de vaincre Byzance.

Mais c’est sans compter sur la vivacité d’esprit de cet homme frêle et  incontinent, et sans compter sur son sens de l’honneur et du devoir…

L’avis d’Eumène :

C’est avec plaisir que j’ai retrouvé Aelric et ses aventures picardesque dans un monde en pleine transformation, au carrefour de l’Antiquité et du Moyen-Age. Un roman rythmé, des idées ingénieuses, des personnages riches, complexes et attachants, de l’intrigue et du rire, que du bonheur. Certes Blake n’a pas cette fois trouvé d’invention aussi brillante que le pot de chambre du Christ, il n’a pas donné d’aspect fantastique à son univers, il n’a pas non plus joué sur la splendeur des lieux traversés, mais il n’en a pas moins rédigé un excellent roman qui confirme sa place parmi les grands auteurs de romans historiques.

Note finale :

8/10

Christian Cameron – God of War

Auteur :

Christian Cameron

Titre :

God of War

2012, 771pages

Cycle :

/

L’histoire en bref :

Ptolémée, roi d’Egypte, reçoit le jeune Satyrus, fils de l’athénien Kineas. Orphelin de père et de mère, le fils des maîtres des plaines scythes est venu chercher la protection du souverain, général d’Alexandre le Grand et l’un des hommes les plus puissants de ce monde où se déchirent les Diadoques, les successeurs du conquérant macédonien.

Immédiatement une certaine complicité va se nouer entre les deux hommes, entre le vétéran de la conquête du monde, élève d’Aristote et ami d’enfance d’Alexandre, et le jeune garçon de 13 ans. Ptolémée va donc emmener Satyrus dans la tombe du conquérant, et l’entrainer dans ses souvenirs.

Souvenirs d’un jeune noble macédonien soumit à une éducation rigide, victime et acteur des complots d’une cour dominée par la personnalité intense de Philippe II, le père d’Alexandre, et d’Olympias, mère de celui qui deviendra le vainqueur de la Perse.

Souvenirs ensuite d’un jeune officier entraîné dans une longue campagne contre de nombreux ennemis barbares autant que civilisés, puis confronté au mépris de ses aînés, les généraux et officiers du père du nouveau roi. Souvenirs de la campagne d’Asie Mineure, des combats contre Memnon, le mercenaire grec de Darius, et des sièges d’Halicarnasse, de Tyr et de Gaza. Souvenirs de la lente évolution d’Alexandre, de sa transformation progressive, au fur et à mesure de l’avancée vers l’est de ses armées. Souvenirs de l’homme dans toute sa gloire, et dans toutes ses faiblesses.

Mais ces souvenirs ne sont pas seulement ceux d’un proche d’Alexandre sur son roi, mais aussi les souvenirs d’un homme devenu roi à son tour, d’un homme amoureux et d’un homme critique, d’un homme contraint à faire des choix et à subir ceux d’autres personnes.

L’avis d’Eumène :

Christian Cameron a longtemps tourné autour de lui mais cette fois c’est fini : Alexandre le Grand sera présent en chair et en os, et il sera le héros de ce récit. Mais l’est-il vraiment ? N’est pas plutôt une vision héroïsée de Ptolémée qui nous est ici donnée ?

Comparé à d’autres récits, ce roman se défend très bien : bien structuré, sans longueur majeure, avec quelques innovations bien trouvées, insistant sur des passages moins bien connus du mythe né autour du conquérant, il sait se distancer à la fois des romans de Pressfield (The Afghan Campain) et de Manfredi.

Est-il l’Alexandre le plus proche de ce que nous offrent les sources ? Sans doute pas. Suis-je satisfait par les scènes décrites ? Pas toujours. La bataille de l’Hydaspe me semble ainsi bien mal décrite, et n’a certainement pas la puissance évocatrice de la scène du film d’Oliver Stone…

Cependant et malgré ses défauts ce roman à su me séduire et me garder captif jusqu’à la fin, ce qui est un bon point !

Note finale :

8/10

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