Euripide – Hécube

Auteur :

Euripide

Titre :

Hécube

2002, 130 pages (ed. Belles Lettres)

Cycle :

Guerre de Troie

L’histoire en bref :

La vieille reine Hécube, mère d’innombrables enfants, épouse de Priam aux cent fils et aux cent filles, est désormais captive, esclave de ces Grecs qui ont prit la cité de Troie aux murailles que l’on croyait imprenable. De ses enfants, seuls survivent son fils cadet, Polydore, et deux de ses filles, la vierge Polyxene et Cassandre, la prophétesse ignorée qui couche désormais dans la tente d’Agamemnon. Mais le sort va encore s’acharner sur elle et c’est en supliante qu’elle s’adressera à Agamemnon pour qu’il lui accorde au moins une vengeance contre l’un de ses tourmenteurs.

L’avis d’Eumène :

Une pièce moins connue, où la place du surnaturel est un peu plus importante et où la tragédie se fait un peu moins tragique pour laisser place à la colère et à la vengeance : ici la victime n’est plus passive, et elle n’est plus seule parmi les hommes, d’autres lui apporteront le concours de leurs bras pour lui permettre de faire payer Polymestor l’odieux. Une pièce moins facile à suivre, où la mise en scène jouait un rôle plus important pour faire avancer l’intrigue et où le texte annonce d’autres tragédies…

Bref une lecture un peu moins plaisante que celle de l’Ajax, mais néanmoins un des grands classiques de la littérature universelle.

Note finale :

8/10

Sophocle – Ajax

Auteur :

Sophocle

Titre :

Ajax

2002, 125 pages (ed. Belles Lettres)

Cycle :

Guerre de Troie

L’histoire en bref :

Ajax est un grand guerrier, le meilleur des Achéens se battant sous les murs de Troie depuis la mort d’Achille. Mais il est en colère et, prit de folie, il a massacré et massacré encore, un voile de folie devant ses yeux, croyant plonger son glaive dans les entrailles des chefs venus de toute la Grèce. Mais Athena veillait, et à son réveil il va découvrir que ses victimes ne furent que du bétail, mais que sa honte est désormais incommensurable.

Doit-il vivre ? Mourir ? Et comment perdre la vie ? Peut-il laisser sa concubine sans protection, son fils sans gardien ? Et mort, pourra-t-il être enterré ?

L’avis d’Eumène :

Le terme de tragédie prend tout son sens lorsque l’on découvre le destin du héros Ajax. Tragédie pour lui, tragédie pour les siens, une fin voulue par le Destin, tissée par les Moires et auquel même les Dieux n’auraient pu rien changer. Articulée en trois parties, la pièce va d’abord planter le cadre, donner à voir le crime. Elle donnera ensuite à voir la réaction du meurtrier aveuglé mais retrouvant la raison, et celle de ses proches. Enfin viendra le moment où il faudra convaincre Agamemnon de laisser s’accomplir les rites funéraires pour un homme qui, s’il n’avait pas été frappé de folie, l’aurait assassiné.

La pièce est puissante, elle prend aux tripes. Sa construction, avec un Ulysse d’abord ennemi puis devenant défenseur du défunt, avec cette douleur, ici renforcée par la crainte de l’esclavage, des proches, avec enfin ce sentiment lourd et pesant qui vous prend dès les premières pages, car tout le monde qu’Ajax s’est suicidé, cette construction donc vient pas à pas, lentement, avec cette même inéluctabilité que le Destin que je mentionnais il y a un instant.

Bref une très grande pièce, qui présente aussi l’avantage d’être l’une des plus accessibles des grandes tragédies grecques car elle ne fait au final que peu de références au reste de la culture grecque, étant un véritable huis-clos qui se concentre auteur d’Ajax, de sa compagne, d’Agamemnon, de Teucros (le frère du défunt) et d’Ulysse. Une lecture recommandée à tous !

Note finale :

9/10

Aristophane – Les guêpes

Auteur :

Aristophane

Titre :

Les guêpes

2002, 160 pages (ed. Belles Lettres)

Cycle :

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L’histoire en bref :

Ah siéger au tribunal ! Décider de l’avenir d’un autre ! Jouir de ce sentiment de puissance, être incontournable alors même que l’on n’est plus qu’un vieillard incapable de servir sa cité les armes à la main, de cette façon glorieuse qui est l’idéal des Grecs ! Cette folie des grandeurs, Philocléon en souffre et son fils Bdélycléon est bien décidé à l’en guérir. Et s’il ne peut empêcher son père de rendre justice, du moins l’empêchera-t-il de participer à celle de la cité… Mais pourquoi faire tout un fromage de ce vol commis par le chien Labès, dénoncé par le second canidé de la famille, Cydathénien ?

L’avis d’Eumène :

Au coeur de l’actualité de son temps, Aristophane nous offre ici une satyre des moeurs de cette Athènes démocratique où tout était sujet à un procès en nous un présentant un confinant à l’absurde. Nombre d’allusions de ce texte ne peuvent être qu’obscures, même pour des personnes connaissant bien la période. Si certaines allusions sont claires, à l’image des références au démagogue Cléon, et si les éditeurs font de leur mieux pour expliquer les autres, ce texte ne sera sans doute pas lu par tous. D’autant que l’absence de descriptions de l’aspect visuel des scènes décrites ne permettra pas à ceux qui ne connaissent pas la comédie attique de visualiser certains aspects qui faisaient éclater de rire le public athénien.

Une lecture que je ne recommanderais donc pas à tout le monde, mais qui a su me divertir et qui fait penser au thème de la justice à une époque où notre société ne cesse de remettre en cause ses institutions judiciaires !

Note finale :

7/10

Sophocle – Antigone

Auteur :

Sophocle

Titre :

Antigone

2002, 160 pages (ed. Belles Lettres)

Cycle :

Cycle Thébain

L’histoire en bref :

Son père, Oedipe, avait épousé sa propre mère pour lui donner naissance, après avoir tué son géniteur. Son premier frère était mort, l’épée à la main, conduisant une armée contre sa patrie, Thèbes. Son autre frère était mort en assurant la défense de Thèbes face aux envahisseurs venus renverser son pouvoir. Aujourd’hui c’est leur oncle, le roi Créon, qui a prit le contrôle du palais et imposé que le cadavre du traitre soit laissé aux chiens et le héros enterré avec tous les honneurs. Elle, femme pieuse, sœur aimante, ne peut se résoudre à pareille infamie. Sa révolte la mènera à la mort, sa révolte anéantira sa famille, sa révolte inspirera les hommes pour des siècles.

L’avis d’Eumène :

Antigone. Présente-t-on encore un tel monument de la littérature mondiale ? Tragédie superbe, réflexion philosophique toujours d’actualité, inspiration politique et littéraire pour des générations, ce texte modeste est un des plus beaux que nous ait laissé l’Antiquité. Alors oui, il peut sembler parfois rude, sec, loin de ce que nous, citoyens du vingt et unième siècle, attendons d’un texte. Mais ce n’est pas tant sa forme (qui est plus belle dans sa version originale) que son contenu qui doit nous attirer vers ce texte. Place de l’individu dans la société, l’individu face à la loi, le poids de la loi des hommes face à celle de la nature (ou des dieux), la fidélité à ses proches… Tels sont les thèmes explorés par cette pièce, des thèmes magnifiquement mis en valeur et exprimés avec une vibrante émotion. Alors même si je préfère Eschyle à Sophocle, même si je ne me plonge pas tous les jours dans la tragédie, je ne puis qu’être en admiration devant ce texte dont je vous recommande la lecture.

Note finale :

9/10